Raï: Djillali Amrana parti dans l’indifférence.

Djilali Amarna est décédé après une longue maladie dans l’indifférence totale de l’état algerien. Un artiste qui a donné de son meilleur à la musique algérienne. Enfin, une semaine avant sont décès, il ne restait que 21DA dans son compte.

Plusieurs artistes algériens vont participer au concert de solidarité pour soutenir la famille de Djillali. Parmi ces artistes, Cheb Yazid, qui se trouve actuellement à Montréal, a répondu à nos questions:

Ksari: Pourquoi participez-vous à ce concert?

Cheb Yazid: Moi personnellement, je participe à ce concert pour lutter contre l’indifférence et l’ingratitude envers l’artiste. Je ne supporte pas que l’artiste soit juste un instrument de plaisir, on l’aime juste quand il peut donner.

Ksari: Pensez-vous que le ministère de la culture aide les artistes?

Cheb Yazid: Le ministère de la culture a la responsabilité de réfléchir et de mettre à exécution un plan qui mettrait à l’abri les artistes en fin de carrière. Comment et quand restent leur problème, car ils sont payés pour ça. L’artiste devra certainement cotiser, mais ça n’est pas le problème, il faut juste un cadre organisé et réfléchi, mais malheureusement le ministère de la culture est juste occupé à dépenser l’argent du contribuable et à organiser des manifestations internationales qui n’apportent rien de concret aux artistes ni à la culture algérienne, par contre, les artistes algériens ne sont invités à aucune manifestation internationale ailleurs. c’est malheureux.

La liste des artistes morts dans l’indifférence est longue, Ahmed Wahbi, Yahia Benmabrouk, Zino Drabki, Papo Drabki, Yahia le Batteur, Maniche Drabki etc… et là il y a Mahfoud Djelmani qui est gravement malade et sans ressources, et ça continu.

KSARI

Disparition de Djillali «Amarna» : Le blues du raïman

© D. R.

Il était un enfant terrible de Sidi Bel Abbès. Un kid de la balle des rives de la Mekkerra. Un raïman jusqu’au bout des ongles l Il respirait et transpirait la musique raï dans son insouciance et beauté du diable.

Djillali Rezkellah, plus connu sous le nom de «Djillali Amarna», vient de disparaître prématurément (le 6 novembre 2010), à l’âge de 49 ans, des suites d’une longue maladie. Il avait officié au sein de la formation Raïna Raï — en remplacement du chanteur Kada — faisant dans le raï électro, la fameuse marque de fabrique de Sidi Bel Abbès, sous les auspices du guitar hero, Lotfi Attar et ce, en 1984. Et puis, parmi le groupe Amarna à partir de 1986. Pour ceux qui ne connaissent pas Djillali Amarna ou encore Raïna Raï, c’est ce chanteur qui a crevé le petit écran algérien en juillet 1985 à l’occasion de la Fête de la jeunesse, à Riadh El Feth à Alger. Il avait bousculé l’establishment ambiant en ayant une nouvelle «raïattitude», jurant d’avec l’ancienne et pionnière génération raï plus «guindée» à la manière du tarab el arabi d’Oum Edounia, l’Egypte.

Démentant l’aphorisme de Walking Like An Egyptian des Bangles, Djillali se distinguera avec une «new sensation raï». Il était, sous l’impulsion du band Raïna Raï, le «pionnier» de l’entertainment du raï. Il fallait le voir et l’écouter interpréter Til Taïla revisitée et «custumisée». C’était beau, frais et jeune. «Djillali était bien sur scène. Il avait compris le message des jeunes Algériens qui avaient besoin de bouger, et il a imprimé l’esprit de Raïna Raï… C’est une perte pour la musique !», réagira le grand guitariste et leader du groupe Raïna Raï, Lotfi Attar.

Speed Demon

Nous sommes en 1985, c’est le parti unique et inique, l’unité de pensée et du réflexe orwelien : Big brother is watching you (le grand frère te surveille). Djillali, à la fleur de l’âge, 24 ans, sous la chaleur d’une nuit d’été, imposera une musique revendicatrice, juvénile, fraîche et surtout affranchie du carcan et du règne des chebs (Khaled, Sahraoui et Sahraoui, Hindi, Hamid, Benchenet…). Un style ! Une nouvelle donne dans la musique raï plutôt underground et des cabarets. Djillali se sentait pousser des ailes pour ne pas dire des airs. Entré dans une dimension extatique, voire en lévitation, Djillali, souriant et riant, interprétait les hits de Raïna Raï, Ya Zina Diri Latay, Hagda, Lala Fatima ou encore Raïna Hak.

La liberté de ton est donnée : Raïna Hak (notre opinion, notre avis est comme ceci !). La grand-messe est dite ! Ainsi, Djillali est déchaîné, se démènera comme un diable. Sautillant, esquissant des pas de deux, tantôt jouant des karkabous (percus. traditionnelles métalliques), tantôt le fameux guellal des chioukh (percussions), tantôt esquissant un jeu scénique démentiel. Il incarnait un symbole, un signe d’appartenance de la «génération MTV» avec l’éclosion des chaînes satellitaires en Algérie. Il fera aussi sensation au fameux Festival de La Villette à Paris, en 1986, avec Raïna Raï.

Un autre live d’anthologie. Mais Djillali se surpassera au sein de la formation Amarna de 1986 à 1990. Car plus solid rock, libre et énergique que le registre raï des chebs. Aussi, immortalisera-t-il des morceaux de bravoures, tels que Khelouni Nebki Ala Rayi de cheikh M’kaleche, Ana Madert Oualou, Sidi Bel Abbès, Merioula ou encore le patriotique Oued Chouli déjà chanté par la pionnière du raï, cheikha Rimitti.

Djillali, dans les années 1990, figurera sur l’album de Raïna Raï, Mama et Bye Bye sur les titres N’touma et N’stahel. A partir de 2001, il entamera une carrière solo, notamment avec l’album Ghaba (naouri).
Djillali, mort dans l’extrême dénuement, semble nous «balancer» à la figure les lyrics prémonitoires et lacrymaux de Khalouni Nabki Aâla Rayi : «Laissez-moi pleurer sur mon sort/Laissez-moi raconter ma jeunesse/Laissez-moi pleurer sur mon destin/Ô combien ai-je pleuré sur mon mal !…» Paix à son âme !

K. Smail/ El Watan

Réda Taliani. Chanteur de raï censuré en Algérie «Je suis victime d’une manipulation médiatique»

Réda Taliani, 30 ans, le chanteur algérien de raï, révélé en 2004 par le succès Joséphine, est censuré à la radio et la Télévision algérienne depuis trois ans, à l’issue d’une déclaration qu’il aurait fait sur la marocanité du Sahara occidental.


Le chanteur Réda Taliani se dit victime d’un fait du prince


-Pourquoi êtes-vous censuré à la radio et à Télévision algérienne depuis 3 ans ?

Apparemment, c’est à l’issue d’une rumeur, il y a presque trois ans. Soit disant, j’aurai clamé la marocanité du Sahara occidental. C’est une histoire politique. Je ne fais pas dans la politique. Je suis un artiste. Je n’ai jamais dit ça. Jusqu’à aujourd’hui, je suis censuré.

-Vous n’avez jamais fait cette déclaration…

Non, non, jamais de la vie ! De toute façon, je n’ai pas le pouvoir de dire des choses relevant de la politique. Quand je chante dans un pays, je chante un point c’est tout. Là où réside le problème, c’est que personne ne m’a contacté avant d’écrire, publier et confirmer l’information quant à ces allégations. Personne ne m’a contacté pour infirmer ou confirmer. Quand j’ai découvert cette information sur internet, je n’ai rien compris.

-C’est à l’issue d’un spectacle que vous avez donné au Maroc…

C’est lors d’un festival. On représente le raï, une musique algérienne. On est ambassadeur du raï dans tous les pays et où l’on s’y rend. C’est le même spectacle que je donne partout, là où je me produis à travers le monde. Je suis trop pris entre le studio et les concerts, je ne suis pas dans la politique, je ne pourrais jamais dire cela. C’est impossible. De toute façon, je suis avec l’Algérie Dalem oula madloum (à tort ou à raison). Je chante l’Algérie, le peuple algérien, la jeunesse et même des sujets délicats (harraga, le chômage…), la vie quotidienne. Transmettre un message positif. Les jeunes prennent de gros risques (harraga), il faut en chercher la cause. Le jeune ne demande qu’à avoir un travail. Sans démagogie, je suis nationaliste et patriote à 500%. L’Algérie, c’est tout pour moi.

-Vous avez chanté sur l’album Maghreb United en featuring avec le groupe 113 et Rim’K …

Bien sûr, nous n’avons pas de problème. Maghreb United est un concept fédérant tout le Maghreb à travers le raï (raï’n’b), et pour que le raï aille plus loin. Un Maghreb United par la musique. Tout ce qui est politique, cela ne nous intéresse pas, il y a des politiciens pour cela. Nous, nous sommes des artistes, des chanteurs, des musiciens… On fait de la musique, et cela s’arrête là.

-La musique est universelle…

Je vais vous dire. Cette histoire (les allégations), c’est une manipulation médiatique, tout simplement, c’est clair et net. On ne m’a jamais appelé, demandé mon avis, ni d’entretien téléphonique ni par dictaphone ni écrit ni rien du tout. Quand c’est un Algérien qui confirme la rumeur, c’est plus malheureux que celle émanant de l’extérieur. On est lynché quoi !

-Et cette décision de censure permanente à votre endroit ?

Je ne passe plus à la radio et à la télévision (algérienne), alors que je fais de «gros» concerts à l’étranger. A la télévision, on achète des spots publicitaires qu’on censure parce que Réda Taliani y figure comme tête d’affiche. Les organisateurs (de spectacles) sont stupéfaits. Je suis «bousillé» de tous les côtés…Lire la suite de l’entretien

K. Smail/ El Watan

Festival d’Ile de France: Cafés d’Oran

Khaled invite Maurice El Medioni, Cheb Sahraoui, Cheba Zahouania, Boutaiba Sghir
> vendredi 24, samedi 25 & dimanche 26 septembre 2010 à 20h30 , Cirque d’Hiver, Paris 11e (75)

Présentation
Il est des villes dont la seule évocation du nom suffit à faire naître des mélodies entêtantes. Imaginer Oran, c’est entendre les premières notes d’une musique qui s’échappent de ses murs. De ses cafés et de ses célèbres cabarets, ultimes espaces de liberté et de fête, est né le raï dont le son devait bientôt franchir les rives de la Méditerranée. D’une cité qui accueillit au sein de ses remparts toutes les professions de foi, le raï a hérité la tolérance, puisant ses racines dans les répertoires arabo- andalous, la rumba, le flamenco, la chanson égyptienne et française, jusqu’au jazz et au fox-trot. Entre tradition et déracinement, il s’est nourri de multiples apports, tout en restant fidèle à sa ville natale. Cette histoire, Khaled la connaît bien. Il a puisé dans la rue et dans les nuits oranaises le souffle nouveau du raï pour en devenir l’un de ses plus grands ambassadeurs. A la clameur des youyous, il accueille sur la piste du Cirque d’Hiver d’illustres convives. Au piano, l’enthousiasme et la joie de vivre de Maurice El Medioni nous entraînent vers les cafés de Derb el Houde, le quartier juif d’Oran. Ayant fréquenté les cercles de Medahattes dans son adolescence, Cheba Zahouania nous rappelle de sa voix sombre le rôle de ces ensembles traditionnels féminins dans la genèse du raï. Elle en a gardé sans doute cette pointe de malice et un attachement farouche à la liberté. Au fil du temps, l’ancienne musique bédouine s’est mâtinée d’instrumentations modernes, Boutaiba Sghir y introduit des accents pop tandis que Cheb Sahraoui y apporte un son plus électrique. Compagnon de route de Khaled lors du mythique « concert de Bobigny » qui révéla le raï au public euro- péen, il fut le premier à l’exporter outre-atlantique. Une histoire qui aujourd’hui encore se poursuit sur la corniche oranaise à l’aune des nouvelles générations et de leur extraordinaire dynamisme.


TROISIÈME ÉDITION DU FESTIVAL NATIONAL DE LA MUSIQUE ET DE LA CHANSON RAÏ DE SIDI BEL-ABBÈS

Zahouania, Abdou et l’ONB à l’affiche

À partir du 28 juillet et jusqu’au 2 août prochain, la capitale de la Mekerra vibrera aux rythmes de la musique raï. Des artistes de renom se produiront au stade communal des trois frères Amarouche.


Finalement, c’est décidé, les soirées de la troisième édition du Festival de la musique et la chanson raï, qui démarrera mercredi prochain et s’étalera jusqu’au 2 août, auront lieu au stade communal des trois frères Amarouche et non au stade du 24-Février, comme il a été le cas lors des deux précédentes éditions. Selon les organisateurs, cette édition est dédiée au défunt et grand raïman Ahmed Zergui, originaire de Sidi Bel-Abbès. Ahmed Zergui dont l’étoile a réellement brillé dans les années 1970/80 — l’âge d’or du raï en Algérie — a contribué à la promotion du raï et à la formation de jeunes talents (chanteurs et musiciens).
Pour la présente édition, les organisateurs ont concocté une programmation des plus ambitieuses. Les mélomanes et autres férus de cette musique ne seront sans doute pas déçus par le plateau artistique, largement intéressant. En fait, il y aura de belles surprises et le public découvrira les nouvelles tendances de la création dans le domaine du raï. Les six soirées s’annoncent donc festives et les invités sont prestigieux.
Ce sera des stars du raï. Car parmi les objectifs attendus de cette manifestation, il y a, en premier lieu, la promotion du répertoire patrimonial du raï et la contribution à l’émergence des jeunes talents, en leur proposant de concourir pour les trois prix prévus. Pour cela, un jury composé de spécialistes de ce style sera chargé d’évaluer et de sélectionner les lauréats parmi les jeunes talents en herbe en compétition, et ce selon certains critères, entre autres l’interprétation, le rythme, les paroles et/ou textes, ainsi que la présence de l’interprète sur scène. Pendant six soirées de suite, les spectateurs qui se déplaceront sans doute en masse auront l’occasion de découvrir de près une pléiade de ténors du raï et de la musique moderne, qui seront accompagnés par un orchestre dirigé par le maestro et arrangeur de talent, Amine Dahane.
En effet, le festival ne se limitera pas, lors de cette édition, uniquement au raï. Ainsi, le public aura le loisir de se laisser bercer par les sonorités instrumentales propres à un autre genre ancestral, l’ancêtre en quelque sorte du raï, à savoir le t’rab. Cheikh Boutaïba Saïdi, spécialiste dans ce genre musical, s’illustrera lors de l’une des six soirées prévues. Ainsi, on apprend que la cérémonie d’ouverture sera animée par cheikh Naâm, un enfant de la ville, et ami d’Ahmed Zergui. cheikh Naâm rendra hommage à Ahmed Zergui, en revisitant son répertoire avec la reprise de quelques-uns de ses succès indémodables. Outre cheikh Naâm, le menu du coup d’envoi s’annonce riche et alléchant, avec des concerts de Houari Dauphin, les chebs Fayçal et Tarik, Rim-K (ancien leader du groupe 113), cheba Maria du Maroc et Mohamed Lamine. La seconde soirée sera animée par les chebs Réda et Redouane, cheba Dalila et Sadek El Marrakchi. Cheba Kheira avec sa voix puissante, les chebs Abbès, Miloud, Hasni Seghir et Khalass se chargeront d’égailler la troisième soirée de la capitale de la Mekerra, alors qu’El Hendi (après de longues années d’absence), Kader Japonais, Djamila, Nani, Houari Manar et Zino se produiront lors de la quatrième soirée. Quant au plateau artistique de l’avant-dernière soirée, s’y succéderont Abdou, cheba Fadéla, cheb Akil et Magic System. Lors de la soirée de clôture qui sera, sans conteste, la plus divertissante, le public sera gratifié par les prestations de l’Orchestre national de Barbès, Zahouania, Houari Benchenet et cheb Hassan.

Par : A. BOUSMAHA/LIBERTE

Evénements: Concert de Cheb Yazid

Concert de Yazid à la Salle des fêtes de Guesnain, place Roger Salengro, à Guesnain 59287, (Nord-Pas-de-Calais), ( France), le 10 avril 2010 à partir de 20h00.
Info et réservations, Corine au 06/03/54/44/66 ou la maison pour tous de Guesnain 03/27/98/01/60

http://www.chebyazid.com

Sidi Bel Abbès-3e soirée du festival du raï : Cheb Abdou, l’invité surprise

arton133863-6c443L’atmosphère était déjà électrisée lorsque Cheb Abdou a fait son apparition au stade omnisports de Sidi Bel Abbès, vers minuit. Tout de blanc vêtu, rondelet et à la gestuelle efféminée bien prononcée, Abdou demeure inclassable dans l’univers rai. Accueilli en véritable star, il n’était pourtant pas programmé pour cette troisième soirée du Festival du rai qui se tient du 2 au 8 août dans la cité de la Mekerra.

Celui qui s’est autoproclamé Cheikh (maitre) du rai-roots, version medahatte, a tout chamboulé, éclipsant au passage les autres chebs qui attendaient leur tour pour monter sur scène. Aux alentours de la kheima (tente) érigée à proximité de cette même scène, ses admirateurs se bousculaient pour arracher un autographe à l’ex-aide comptable d’une des banques de Tlemcen. « Je suis là pour ceux qui m’aiment (…) et même ceux qui ne m’aiment pas » , lâche-t-il, le doigt pointé vers un public qui se tenait debout en cette soirée de pleine lune. « Allach gaa had el hagd (pourquoi toute cette rancune ?) » , s’interroge-t-il, sourire en coin, en foulant une scène « débarrassée » de Cheba Naima qui venait de rater une réelle opportunité de faire bonne impression sur le public présent. C’est avec Balak balak (attention !) que Abdou amorce son concert résolument des plus détonants. Pendant quasiment une heure et demie, Abdou va se lâcher, enchaînant ses grands succès, entre autres, Appel masqué, Ala la la et Ki n’dir ndirleh. Une musique au rythme infernal qui fera chavirer les foules, parfois jusqu’à l’excès.

Déhanchements saccadés assurés dans les gradins ! Chanteur atypique, extravagant, Abdou participera cet été aux soirées du Casif (Sid Fredj) et au festival Djemila (Sétif). « Je viens de terminer mon nouvel album, un duo avec Zahouania, j’espère qu’il plaira au public du Casif », a-t-il déclaré après son spectacle. Lors de cette troisième soirée du Festival du raï, Mohamed Alia a, en totale communion avec le public, ressorti Rouhou n’goulouhalha (allez lui dire), son tube de l’été qui, dit-on, fait un tabac dans les cabarets de la corniche oranaise. Clubiste inlassable, Alia s’est fait connaître notamment avec Rani mdamar (je suis à bout) et l’éthylique chanson Nâamar rassi / impossile nensa el passé (je me saoule / impossible d’oublier le passé). Moins chanceux, Mohamed El Abassi et Cheb Mahfoud se sont produits devant des gradins presque vides, vers 1h 30. Le public, gavé par Abdou, avait quitté le stade plus tôt que prévu.

Par M. Abdelkrim/El Watan

Sidi Bel Abbès-Deuxième soirée du festival du raï : Najim, un nouveau prince ?

arton133767-1d924Outre-mer, on le considère déjà comme le nouveau prince du raï. Lundi soir, cheb Najim, puisque c’est de lui qu’il s’agit, en a apporté la preuve par des mélodies arrangées avec tact et brio. Le Franco-Algérien a, durant trois quarts d’heure, fait retentir sa voix puissante dans l’enceinte du stade du 24 Février devant un public venu à sa découverte.

C’est par un hommage à Cheikha Rimitti que Najim entame son show en reprenant Ana ou ghzali, l’une de ses chansons cultes. Un hommage auquel il tenait particulièrement, lui qui a été choriste sur le dernier album de Rimitti. « J’ai bénéficié d’une participation rare et honorifique sur le titre N’rouhou n’zourou, duo unique et exceptionnel avec la regrettée Rimitti. Un morceau enregistré quelques jours avant le décès de la diva du raï », a-t-il expliqué après son passage sur scène. A la voix haut perchée et à la gestuelle très suggestive, Najim enchaîne avec une autre reprise, Mali mali de cheb Mami, et une chanson anti-harga, Khtini mel bouti, qui n’a pas eu l’effet escompté auprès d’un public juvénile et potentiellement harag. Surfant aisément entre différents styles, Najim rectifie aussitôt le tir avec l’époustouflant Sidi l’houari, une chanson gnaoui-marocain hyper rythmée.Le public bronche et reprend en chœur : « Sidi l’houari ravitaille-nous en zetla (drogue) ». Ceci étant, les férus de la chanson raï se sont délectés, sans aucun doute, à la découverte de cette nouvelle voix. Placé sur orbite par le producteur, parolier et compositeur de raï, Salah Rahoui, Najim (21 ans) a enregistré un premier album kount enhawes ( je cherchais), sorti en 2004 et vendu à plus de 10 000 exemplaires.

C’est un album aux sonorités sentimentales ; un clin d’œil à son idole cheb Hasni. Dans son prochain album, qui sortira dans quelques semaines, il se propose de revisiter le répertoire de Aïssa Djermouni, chantre de la musique chaouie. Cheb Nacim, qui a ouvert la deuxième soirée du Festival du raï, est passé presque inaperçu. Il s’est d’ailleurs contenté de reprendre des tubes très familiers, tels que Mazal kayen l’espoir de Hasni, Ana ou ana de Nani, Olé olé de Billal et cheba ya cheba de Khaled. Dans un style complètement différent, Zahi Chraïti, a, après un long istikhbar poétique, mis le cap à l’est avec des chansons staïfi, entre autres, Mechi mahboul (je ne suis pas fou) et rouler. Il faut tout de même être un peu fou pour chanter du staïfi dans le bastion du raï ! « Les chansons sétifiennes au tempo rapide connaissent un succès fou, même à l’ouest du pays », se plaît-il à dire, tout en se plaignant de ne pas avoir été invité à la dernière édition du Festival de Timgad. L’honneur de clôturer la soirée est revenu à cheb Akil qui, sur insistance du public, finira par interpréter l’un de ses morceaux préférés : Rana Gâa (on est tous) des malades mentaux….

Par M. Abdelkri/ El Watan

Coup d’envoi du Festival national de la musique et de la chanson raï de Sidi Bel-Abbès

Cheba Fadéla et Kader Japonais font un tabac

Très attendu par le public qui a eu droit à une entrée gratuite, le coup d’envoi de la 19e édition du Festival national de la musique et la chanson raï a été donné, dimanche soir, au stade 24-Février-1956, par les autorités locales de la wilaya, en présence du représentant de la ministre de la Culture, Rachid Ferkous, vice- président de la diffusion et de la production culturelle.

Pour cette première soirée, le public, composé de familles et surtout de jeunes, est venu en masse et a été convié à un beau show de vedettes qui se sont succédées sur la scène, érigé en face de la tribune officielle. D’emblée, ce sont les troupes Tell et Nedjma de Sidi Bel-Abbès qui ont ouvert, séparément, le bal avec deux danses du genre alaoui et saf. Puis, c’est la grande joie quand l’animateur du festival, Hmimche, a annoncé le nom de Mohamed Sahli, enfant de la capitale de la Mekerra, chanteur vivace, dynamique et plein de vitalité. Mohamed Salhi a laissé pantois le public pour lequel il a interprété quatre de ses plus belles chansons : Ouach men hila, Ma yahnech khatri, Djmila anti ya Kheira et Khalouni en khayer zine. Place ensuite aux meddahates sous la direction de la célèbre cheikha Warda, très attendue par de nombreuses femmes présentes dans l’enceinte du stade et qui a parfaitement séduit un public exigent.
Elle a offert à son public un cocktail de variétés de ses plus belles chansons, notamment Chekoua lel alli et La manedjemch lel ghorba. Aux environs de minuit, la très attendue chebba Fadéla a rejoint la scène et interprété ses anciens succès ; des titres qui ont fait sa gloire dans les années 90, avec son ex-époux Sahraoui. Parmi ces titres, citons entre autres Lala omri et Lala nebghik. Elle a ensuite enchaîné avec d’autres récents titres, notamment Randjouh maâya, Ouach bghitou et Sebrou.
La scène a été investie par la suite par le ténor de la chanson raï, Kader Japoni, enfant d’Adrar et ancien étudiant en droit. Kader Japoni a revisité son dernier album, emballant ainsi les jeunes sur les airs de ses chansons, comme Andi ouahda nabghiha, Ghadi an salaa, Maranich baghi en deranjiha ou encore Inkalchek ya omri. Ce n’est qu’à une heure très avancée de la nuit que cette première soirée s’est achevée. Belle et sobre et le meilleur reste encore à venir.

A. BOUSMAHA/LIBERTE