Disparition de Djillali «Amarna» : Le blues du raïman

© D. R.

Il était un enfant terrible de Sidi Bel Abbès. Un kid de la balle des rives de la Mekkerra. Un raïman jusqu’au bout des ongles l Il respirait et transpirait la musique raï dans son insouciance et beauté du diable.

Djillali Rezkellah, plus connu sous le nom de «Djillali Amarna», vient de disparaître prématurément (le 6 novembre 2010), à l’âge de 49 ans, des suites d’une longue maladie. Il avait officié au sein de la formation Raïna Raï — en remplacement du chanteur Kada — faisant dans le raï électro, la fameuse marque de fabrique de Sidi Bel Abbès, sous les auspices du guitar hero, Lotfi Attar et ce, en 1984. Et puis, parmi le groupe Amarna à partir de 1986. Pour ceux qui ne connaissent pas Djillali Amarna ou encore Raïna Raï, c’est ce chanteur qui a crevé le petit écran algérien en juillet 1985 à l’occasion de la Fête de la jeunesse, à Riadh El Feth à Alger. Il avait bousculé l’establishment ambiant en ayant une nouvelle «raïattitude», jurant d’avec l’ancienne et pionnière génération raï plus «guindée» à la manière du tarab el arabi d’Oum Edounia, l’Egypte.

Démentant l’aphorisme de Walking Like An Egyptian des Bangles, Djillali se distinguera avec une «new sensation raï». Il était, sous l’impulsion du band Raïna Raï, le «pionnier» de l’entertainment du raï. Il fallait le voir et l’écouter interpréter Til Taïla revisitée et «custumisée». C’était beau, frais et jeune. «Djillali était bien sur scène. Il avait compris le message des jeunes Algériens qui avaient besoin de bouger, et il a imprimé l’esprit de Raïna Raï… C’est une perte pour la musique !», réagira le grand guitariste et leader du groupe Raïna Raï, Lotfi Attar.

Speed Demon

Nous sommes en 1985, c’est le parti unique et inique, l’unité de pensée et du réflexe orwelien : Big brother is watching you (le grand frère te surveille). Djillali, à la fleur de l’âge, 24 ans, sous la chaleur d’une nuit d’été, imposera une musique revendicatrice, juvénile, fraîche et surtout affranchie du carcan et du règne des chebs (Khaled, Sahraoui et Sahraoui, Hindi, Hamid, Benchenet…). Un style ! Une nouvelle donne dans la musique raï plutôt underground et des cabarets. Djillali se sentait pousser des ailes pour ne pas dire des airs. Entré dans une dimension extatique, voire en lévitation, Djillali, souriant et riant, interprétait les hits de Raïna Raï, Ya Zina Diri Latay, Hagda, Lala Fatima ou encore Raïna Hak.

La liberté de ton est donnée : Raïna Hak (notre opinion, notre avis est comme ceci !). La grand-messe est dite ! Ainsi, Djillali est déchaîné, se démènera comme un diable. Sautillant, esquissant des pas de deux, tantôt jouant des karkabous (percus. traditionnelles métalliques), tantôt le fameux guellal des chioukh (percussions), tantôt esquissant un jeu scénique démentiel. Il incarnait un symbole, un signe d’appartenance de la «génération MTV» avec l’éclosion des chaînes satellitaires en Algérie. Il fera aussi sensation au fameux Festival de La Villette à Paris, en 1986, avec Raïna Raï.

Un autre live d’anthologie. Mais Djillali se surpassera au sein de la formation Amarna de 1986 à 1990. Car plus solid rock, libre et énergique que le registre raï des chebs. Aussi, immortalisera-t-il des morceaux de bravoures, tels que Khelouni Nebki Ala Rayi de cheikh M’kaleche, Ana Madert Oualou, Sidi Bel Abbès, Merioula ou encore le patriotique Oued Chouli déjà chanté par la pionnière du raï, cheikha Rimitti.

Djillali, dans les années 1990, figurera sur l’album de Raïna Raï, Mama et Bye Bye sur les titres N’touma et N’stahel. A partir de 2001, il entamera une carrière solo, notamment avec l’album Ghaba (naouri).
Djillali, mort dans l’extrême dénuement, semble nous «balancer» à la figure les lyrics prémonitoires et lacrymaux de Khalouni Nabki Aâla Rayi : «Laissez-moi pleurer sur mon sort/Laissez-moi raconter ma jeunesse/Laissez-moi pleurer sur mon destin/Ô combien ai-je pleuré sur mon mal !…» Paix à son âme !

K. Smail/ El Watan

Clôture en apothéose du festival du raï de Sidi Bel Abbès

La 3è édition du festival national du raï s’est achevée ce mardi matin après six grandes soirées festives qui eurent pour cadre le stade communal des trois Frères Amarouch qui, à défaut des prouesses footballistiques locales, trouva en la culture une réelle bouffée d’oxygène, de loisirs qui bouclent ainsi toute une programmation culturelle, synonyme de redynamisation du fait culturel doublé d’acquisitions culturelles, bibliothèques, maison de la culture, une cinémathèque et autres sites d’expression artistique. Outre le concours des jeunes talents en herbe initié en préambule du passage d’une trentaine de stars de la chanson raï.

Le nombreux public venu de plusieurs régions du pays a eu droit à une animation diversifiée en l’ultime soirée de clôture en présence des autorités locales. A cela, il faudra mentionner
la bonne organisation, les familles d’un côté, les jeunes dans un autre espace mitoyen, un site
pour les artistes, un autre pour les officiels, et ce, outre les différents médias accrédités.

Le commissaire du festival ne cachait pas sa joie de voir de nouveau relever le pari tout en concrétisant un déterminisme en annonçant lors de sa prise de parole: «A la 4 édition». Et c’est l’orchestre national de Barbès venu comme on le sait de Paris pour enflammer le «Petit Paris» en exécutant magistralement des morceaux du terroir par le biais de ses artistes y compris par les sonorités… qui dépassèrent le cadre géographique du quartier de «Callason», voire le stade communal. Après l’ONB, l’on assista à la remise des prix du concours des jeunes, remporté par le jeune Benhabib. Ce dernier sera pris en charge une année pour sa promotion, deux autres ont été récompensés lors de ce cérémonial qui verra l’enfant du bled Mimoun dans un registre nostalgique à travers le mythique tube de «Khalti Fatima».

TROISIÈME ÉDITION DU FESTIVAL NATIONAL DE LA MUSIQUE ET DE LA CHANSON RAÏ DE SIDI BEL-ABBÈS

Zahouania, Abdou et l’ONB à l’affiche

À partir du 28 juillet et jusqu’au 2 août prochain, la capitale de la Mekerra vibrera aux rythmes de la musique raï. Des artistes de renom se produiront au stade communal des trois frères Amarouche.


Finalement, c’est décidé, les soirées de la troisième édition du Festival de la musique et la chanson raï, qui démarrera mercredi prochain et s’étalera jusqu’au 2 août, auront lieu au stade communal des trois frères Amarouche et non au stade du 24-Février, comme il a été le cas lors des deux précédentes éditions. Selon les organisateurs, cette édition est dédiée au défunt et grand raïman Ahmed Zergui, originaire de Sidi Bel-Abbès. Ahmed Zergui dont l’étoile a réellement brillé dans les années 1970/80 — l’âge d’or du raï en Algérie — a contribué à la promotion du raï et à la formation de jeunes talents (chanteurs et musiciens).
Pour la présente édition, les organisateurs ont concocté une programmation des plus ambitieuses. Les mélomanes et autres férus de cette musique ne seront sans doute pas déçus par le plateau artistique, largement intéressant. En fait, il y aura de belles surprises et le public découvrira les nouvelles tendances de la création dans le domaine du raï. Les six soirées s’annoncent donc festives et les invités sont prestigieux.
Ce sera des stars du raï. Car parmi les objectifs attendus de cette manifestation, il y a, en premier lieu, la promotion du répertoire patrimonial du raï et la contribution à l’émergence des jeunes talents, en leur proposant de concourir pour les trois prix prévus. Pour cela, un jury composé de spécialistes de ce style sera chargé d’évaluer et de sélectionner les lauréats parmi les jeunes talents en herbe en compétition, et ce selon certains critères, entre autres l’interprétation, le rythme, les paroles et/ou textes, ainsi que la présence de l’interprète sur scène. Pendant six soirées de suite, les spectateurs qui se déplaceront sans doute en masse auront l’occasion de découvrir de près une pléiade de ténors du raï et de la musique moderne, qui seront accompagnés par un orchestre dirigé par le maestro et arrangeur de talent, Amine Dahane.
En effet, le festival ne se limitera pas, lors de cette édition, uniquement au raï. Ainsi, le public aura le loisir de se laisser bercer par les sonorités instrumentales propres à un autre genre ancestral, l’ancêtre en quelque sorte du raï, à savoir le t’rab. Cheikh Boutaïba Saïdi, spécialiste dans ce genre musical, s’illustrera lors de l’une des six soirées prévues. Ainsi, on apprend que la cérémonie d’ouverture sera animée par cheikh Naâm, un enfant de la ville, et ami d’Ahmed Zergui. cheikh Naâm rendra hommage à Ahmed Zergui, en revisitant son répertoire avec la reprise de quelques-uns de ses succès indémodables. Outre cheikh Naâm, le menu du coup d’envoi s’annonce riche et alléchant, avec des concerts de Houari Dauphin, les chebs Fayçal et Tarik, Rim-K (ancien leader du groupe 113), cheba Maria du Maroc et Mohamed Lamine. La seconde soirée sera animée par les chebs Réda et Redouane, cheba Dalila et Sadek El Marrakchi. Cheba Kheira avec sa voix puissante, les chebs Abbès, Miloud, Hasni Seghir et Khalass se chargeront d’égailler la troisième soirée de la capitale de la Mekerra, alors qu’El Hendi (après de longues années d’absence), Kader Japonais, Djamila, Nani, Houari Manar et Zino se produiront lors de la quatrième soirée. Quant au plateau artistique de l’avant-dernière soirée, s’y succéderont Abdou, cheba Fadéla, cheb Akil et Magic System. Lors de la soirée de clôture qui sera, sans conteste, la plus divertissante, le public sera gratifié par les prestations de l’Orchestre national de Barbès, Zahouania, Houari Benchenet et cheb Hassan.

Par : A. BOUSMAHA/LIBERTE

Sidi Bel Abbès-3e soirée du festival du raï : Cheb Abdou, l’invité surprise

arton133863-6c443L’atmosphère était déjà électrisée lorsque Cheb Abdou a fait son apparition au stade omnisports de Sidi Bel Abbès, vers minuit. Tout de blanc vêtu, rondelet et à la gestuelle efféminée bien prononcée, Abdou demeure inclassable dans l’univers rai. Accueilli en véritable star, il n’était pourtant pas programmé pour cette troisième soirée du Festival du rai qui se tient du 2 au 8 août dans la cité de la Mekerra.

Celui qui s’est autoproclamé Cheikh (maitre) du rai-roots, version medahatte, a tout chamboulé, éclipsant au passage les autres chebs qui attendaient leur tour pour monter sur scène. Aux alentours de la kheima (tente) érigée à proximité de cette même scène, ses admirateurs se bousculaient pour arracher un autographe à l’ex-aide comptable d’une des banques de Tlemcen. « Je suis là pour ceux qui m’aiment (…) et même ceux qui ne m’aiment pas » , lâche-t-il, le doigt pointé vers un public qui se tenait debout en cette soirée de pleine lune. « Allach gaa had el hagd (pourquoi toute cette rancune ?) » , s’interroge-t-il, sourire en coin, en foulant une scène « débarrassée » de Cheba Naima qui venait de rater une réelle opportunité de faire bonne impression sur le public présent. C’est avec Balak balak (attention !) que Abdou amorce son concert résolument des plus détonants. Pendant quasiment une heure et demie, Abdou va se lâcher, enchaînant ses grands succès, entre autres, Appel masqué, Ala la la et Ki n’dir ndirleh. Une musique au rythme infernal qui fera chavirer les foules, parfois jusqu’à l’excès.

Déhanchements saccadés assurés dans les gradins ! Chanteur atypique, extravagant, Abdou participera cet été aux soirées du Casif (Sid Fredj) et au festival Djemila (Sétif). « Je viens de terminer mon nouvel album, un duo avec Zahouania, j’espère qu’il plaira au public du Casif », a-t-il déclaré après son spectacle. Lors de cette troisième soirée du Festival du raï, Mohamed Alia a, en totale communion avec le public, ressorti Rouhou n’goulouhalha (allez lui dire), son tube de l’été qui, dit-on, fait un tabac dans les cabarets de la corniche oranaise. Clubiste inlassable, Alia s’est fait connaître notamment avec Rani mdamar (je suis à bout) et l’éthylique chanson Nâamar rassi / impossile nensa el passé (je me saoule / impossible d’oublier le passé). Moins chanceux, Mohamed El Abassi et Cheb Mahfoud se sont produits devant des gradins presque vides, vers 1h 30. Le public, gavé par Abdou, avait quitté le stade plus tôt que prévu.

Par M. Abdelkrim/El Watan

Coup d’envoi du Festival national de la musique et de la chanson raï de Sidi Bel-Abbès

Cheba Fadéla et Kader Japonais font un tabac

Très attendu par le public qui a eu droit à une entrée gratuite, le coup d’envoi de la 19e édition du Festival national de la musique et la chanson raï a été donné, dimanche soir, au stade 24-Février-1956, par les autorités locales de la wilaya, en présence du représentant de la ministre de la Culture, Rachid Ferkous, vice- président de la diffusion et de la production culturelle.

Pour cette première soirée, le public, composé de familles et surtout de jeunes, est venu en masse et a été convié à un beau show de vedettes qui se sont succédées sur la scène, érigé en face de la tribune officielle. D’emblée, ce sont les troupes Tell et Nedjma de Sidi Bel-Abbès qui ont ouvert, séparément, le bal avec deux danses du genre alaoui et saf. Puis, c’est la grande joie quand l’animateur du festival, Hmimche, a annoncé le nom de Mohamed Sahli, enfant de la capitale de la Mekerra, chanteur vivace, dynamique et plein de vitalité. Mohamed Salhi a laissé pantois le public pour lequel il a interprété quatre de ses plus belles chansons : Ouach men hila, Ma yahnech khatri, Djmila anti ya Kheira et Khalouni en khayer zine. Place ensuite aux meddahates sous la direction de la célèbre cheikha Warda, très attendue par de nombreuses femmes présentes dans l’enceinte du stade et qui a parfaitement séduit un public exigent.
Elle a offert à son public un cocktail de variétés de ses plus belles chansons, notamment Chekoua lel alli et La manedjemch lel ghorba. Aux environs de minuit, la très attendue chebba Fadéla a rejoint la scène et interprété ses anciens succès ; des titres qui ont fait sa gloire dans les années 90, avec son ex-époux Sahraoui. Parmi ces titres, citons entre autres Lala omri et Lala nebghik. Elle a ensuite enchaîné avec d’autres récents titres, notamment Randjouh maâya, Ouach bghitou et Sebrou.
La scène a été investie par la suite par le ténor de la chanson raï, Kader Japoni, enfant d’Adrar et ancien étudiant en droit. Kader Japoni a revisité son dernier album, emballant ainsi les jeunes sur les airs de ses chansons, comme Andi ouahda nabghiha, Ghadi an salaa, Maranich baghi en deranjiha ou encore Inkalchek ya omri. Ce n’est qu’à une heure très avancée de la nuit que cette première soirée s’est achevée. Belle et sobre et le meilleur reste encore à venir.

A. BOUSMAHA/LIBERTE

Sidi Bel Abbès-Festival du raï : Des racines et des airs

Des soirées spécialement dédiées à la gent féminine sont prévues lors de la 2e édition du festival de la chanson raï qui se tient du 2 au 8 août à Sidi Bel Abbès.

arton133588-8b20cCes soirées, qu’animeront les meddahate (orchestre féminin traditionnel), auront pour cadre le théâtre de verdure, au faubourg Thiers. L’annonce a été faite par Akloul Sid-Ali, commissaire du festival, lors d’une conférence de presse animée samedi à la cinémathèque Moksi. « Le festival de Sidi Bel Abbès aspire à aller plus loin pour préserver un patrimoine musical typiquement algérien qui, aujourd’hui, est fortement revendiqué par d’autres pays », a estimé Akloul, faisant certainement allusion au Festival international du raï d’Oujda (Maroc) dont les initiateurs ne cessent de redoubler d’efforts dans le but de s’approprier un genre musical déjà estampillé made in Algeria.

« Bel Abbès abrite et abritera pour toujours le seul et unique festival du raï digne de son nom », dira-t-il, en forçant le trait. Et d’enchaîner : « Le défi que doit relever cette édition est justement de faire émerger de nouveaux talents afin de redonner un nouveau souffle au raï » . Mohamed Sahli, Zahi, Cheb Nassim, Nadji, le franco-algérien Cheb Amar, Naima, Wahid Staifi et bien d’autres jeunes chanteurs font partie de cette nouvelle vague de raïmen. Ils chaufferont durant 7 jours la scène du 24 février, à partir de 21h, sous le regard expert d’un jury que présidera l’artiste compositeur Omar Assou. Le commissaire du festival a indiqué que la compétition sera « rude » cette année car, au final, un cycle de formation artistique pluridisciplinaire sera proposé aux 3 lauréats du festival.

Cette formation aux métiers de la scène se déroulera aux ateliers des artistes de Paris, a précisé le conférencier. Côté spectacle, les organisateurs proposent un plateau plutôt alléchant avec en ouverture Fadela, Kader et Cheikha Warda. Pour la soirée de clôture, l’indémodable Hadja Zahouania et Cheb Billal tenteront de faire mieux que Khaled qui, lors de l’édition précédente, s’est produit devant plus de 50 000 spectateurs. Aussi, l’une des plus grandes icônes de la chanson raï, Cheikha Habiba, aura droit à un vibrant hommage qui lui sera rendu en clôture. L’entrée aux spectacles organisés dans le cadre du festival du raï sera payante et est fixée à 100 dinars.

Par M. Abdelkrim/ El Watan

Clôture du festival du raï à Sidi Bel Abbès: Khaled pour le final

La soirée de clôture du Festival du raï a drainé, samedi soir, un monde fou, à tel point que de nombreux mélomanes n’ont pas pu accéder au stade du 24 Février afin d’assister à un spectacle haut en couleurs et qui s’est ouvert sous des feux d’artifice.

Lors de cette soirée, plusieurs stars de la chanson ont assuré le spectacle, notamment cheb Khaled, Lotfi, Zahouania, Laroussi, Houari Dauphin et Mohamed Lamine. Ils étaient tous là, impatients d’affronter un public expert, imprégné de la musique raï et qui a donné de la voix jusqu’au petit matin. 22h 40 : la cérémonie de clôture se déroule à guichets fermés. Des applaudissements et des cris retentissent avant le démarrage du spectacle. Le nom de Khaled résonne dans une nuit de pleine lune. Dix minutes après, l’entrée sur scène du king s’effectue sous une pluie d’applaudissements. Quelques heures auparavant, le même Khaled avait, lors d’une conférence de presse, annoncé : « Je vais chanter chez moi à Sidi Bel Abbès, dans la ville de Zergui, face à mon premier public ». Il ne s’est pas trompé, puisque plus de 25 000 personnes ont pris place dans les gradins du stade.

Sans perdre le moindre instant, Khaled entame son récital avec Lilah Ya djazair avant d’exécuter le raisonnable Welli darek. Il interprétera en tout six chansons avant de quitter la scène, sous les acclamations d’un public en transe, pour s’enfoncer dans une grosse berline à destination de l’aéroport Es Sénia d’Oran. « Khaled est attendu pour un concert au stade Commandant Chabou à Annaba », selon les organisateurs du festival. Alors que la tension semblait redescendre après la prestation de l’enfant terrible d’Oran, voilà que Lotfi Raïna Raï pointe le nez avec sa guitare électrique comme scotchée à son corps. Il fait son entrée sous les yeux éblouis de ses fans et les applaudissements ostentatoires de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, installée aux premiers rangs dans la tribune officielle. Et c’est avec le fameux couplet Fen oua raï kharedj min Bel Abbès (le raï est issu de Bel Abbès) que le très électrique Lotfi Attar fait monter la tension. Zina, Khalti Fatima, Ya zgaida dir latay sont interprétées, tour à tour, devant un public qui reprend les chansons en chœur. Mais c’est incontestablement l’entrée sur scène de Zahouania qui a fait le plus sensation.

Elle a enflammé le public dès qu’elle a mis les pieds sur scène. Tout le monde était debout pour accueillir el hadja, dont la prestation a mis le feu aux gradins, lorsqu’elle interprète Sratli Manawedchi et Gouli win rak tourgod. De l’émotion, de la douleur, de l’espoir… Acclamée pendant plus d’une demi-heure par le public, Zahouania ne pouvait retenir ses larmes. Djamel Laroussi, qui s’est produit hier vers 3 h pour la première fois à Sidi Bel Abbès, a commencé son récital par Laâfou, avant d’enchaîner sur des sonorités gnawa avec Hasna et enfin Etoile filante. En tenue très décontractée Mohamed Lamine a clôturé la soirée avec des reprises du défunt Hasni.

Par M. Abdelkrim pour EL Watan du 18 aout 2008

© El Watan

News: 3E ÉDITION DU FESTIVAL DE LA CHANSON RAÏ

A chacun son «raï»

«L’absence des stars de la chanson raï, à savoir le king of raï cheb Khaled, a été expliquée par les restrictions quant au budget alloué.»

Notre objectif est de sauver et de classer la musique raï comme patrimoine et acquis national, sorti des fins fonds de la culture populaire algérienne, dixit Lemdour Abdelkader, commissaire du Festival du raï, qui a animé, dimanche après-midi une conférence au stade du 24-Février de Sidi Bel Abbès, qui abrite la première édition du Festival du raï, après sa délocalisation d’Oran.
Cette même délocalisation a donné naissance à une vive polémique et à des réactions et continue à dominer les débats de la scène culturelle régionale et nationale, pour lesquels les membres du nouveau commissariat ont tenu à apporter des précisions lors de la rencontre avec la presse. En effet, la paternité du festival a été posée avec acuité ces derniers jours. L’Association de la promotion et de l’insertion de la chanson oranaise (Apico) continue à revendiquer que le festival en question lui revient de droit et sa tenue doit avoir lieu à Oran, comme chaque année. Dans ce sillage, la même association et par le biais de Nasserdine Touil, appelé Nasro, ancien membre du commissariat du festival, a estimé, dernièrement, que la décision de transférer l’activité vers la wilaya de Sidi Bel Abbès est outrageuse vis-à-vis de ses concepteurs authentiques. Des critiques acerbes émanant de partout, notamment d’Oran, et un silence total est, jusque-là, observé par la tutelle, d’une part. D’autre part, les actuels membres du commissariat et à leur tête, Lemdour Abdelkader, fraîchement installé, n’est pas allé par trente six chemins pour déclarer que «toutes les wilayas du pays sont appelées à abriter le festival». Un seul argument tient debout, selon M.Lemdour, «le festival est national et institutionnalisé et revêt un caractère national…». Pour sa part, M.Akloul, directeur artistique du festival a été très critique dans son intervention. «Je trouve que ces voix qui s’élèvent contre la tenue de l’activité à Sidi Bel Bel Abbès ou ailleurs, sont purement régionalistes.» Toujours dans le même cadre, les intervenants se sont farouchement opposés quant au classement de cette énième édition comme étant le 17e Festival. «Il s’agit là de la première édition, du moment qu’elle se tient pour la première fois à Sidi Bel Abbès et pour ne pas accaparer le travail fait par nos pressurisations à Oran…», ont communément expliqué le commissaire du festival et la directrice de la culture de Sidi Bel Abbès. Une seule a motivé les organisateurs. Sauf que, pour rappel, les 17 éditions ont, auparavant, revêtu un sceau institutionnel, d’une part.
D’autre part, l’absence des stars de la chanson raï, à savoir le king of raï, cheb Khaled, a été expliquée par les restrictions quant au budget alloué. «L’enveloppe financière allouée ne nous permet pas de répondre aux conditions de Khaled.» «Khaled est dans la Bourse mondiale, il faut l’intervention de l’Etat pour faire appel à lui et à sa troupe composée de 18 artistes.» La wilaya de Sidi Bel Abbès n’a pas abrité d’activités de grande envergure depuis la grande soirée animée par le chanteur irakien, Kadhim Essahir, en 1999. Le Festival du raï vient à point nommé pour lequel le coup d’envoi a été donné, pompeusement, dimanche soir. Ainsi, la capitale de la Mekerra, qui espère renouer avec les grandes festivités, a vibré sous l’effet du verbe raï. Outre les activités folkloriques, quatre noms, et non des moindres, ont été à l’affiche. Chaba Siham, cheb Redouane, El Mazzouzi, et Hakim Salhi ont, pendant quatre heures, enflammé le public belabasien, qui n’a pas dissimulé son enthousiasme. Néanmoins, un point est à relever: contrairement aux dernières éditions tenues, auparavant, à Oran, les autorités locales ont donné leur quitus à abriter le Festival du raï dans la capitale de la Mekerra.

Aît Ouakli WAHIB, envoyé spécial du Quotidien national “l’Expression” 13 Août 2008 – Page : 20

La 18e édition du festival du Raï à Sidi Bel Abbès

La ville de Sidi Bel Abbès s’apprête à accueillir la 18e édition du Festival du Raï, prévue pour la première quinzaine du mois d’août.


C’est Lotfi Attar ancien membre de RaÏna RaÏ qui est le responsable artistique de se Festival.
Après 20 ans à El bahia le festival du Raï change de mains et d’adresse, pour cette année les organisateurs veulent insuffler une nouvelle dynamique au festival et  pour celons l’ancien leader de Raïna RaÏ,
redonner un sens à l’image poétique de la parole raï et de ressusciter ce genre musical, foncièrement contestataire“.

infos source: M. Abdelkrim pour El Watan

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.